Histoire du taureau fou du Bois Debout |
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| Cette histoire provient des notes écrites par Renée Dormoy, fille de Jean César Paul qui a épousé Amédée LEGER. | |
| [Dans la propriété de la Joséphine]
MAMSAMY était l'homme de confiance de mon père car il était beaucoup moins voleur que
les autres qui l'étaient tous. Il commit un jour un acte de grand dévouement
vis-à-vis de mon père et dont toute la famille lui garda de la reconnaissance. Il travaillait dans un immense champ de terres labourées où mon père venait d'arriver à cheval pour faire sa tournée matinale. A peine celui ci avait-il mis pied à terre pour causer avec MAMSAMY qu'un taureau fou furieux arriva au grand galop droit sur lui. Il se croyait perdu lorsque son brave indien s'interposa entre le taureau et lui, essayant d'effrayer la bête furieuse avec son madras qu'il avait vite détaché de sa tête; mais ce fut lui qui fut atteint par les cornes du taureau et eu le ventre ouvert du haut en bas. Mon père qui (très impressionnable) n'avait jamais pu voir une plaie ouverte, eut le courage de se dominer et de remettre en place tous les boyaux qui reposaient par terre, à coté de l'homme évanoui, mais après avoir essuyé avec son mouchoir toute la terre qui y était collée. Avec le madras il attacha fortement le ventre et ordonna à l'homme de ne pas bouger jusqu'à ce qu'il revienne. En hâte il alla chercher une voiture, y mit le pauvre blessé qu'il transporta à l'hopital de Capesterre. Le malheureux faillit mourir, mais bien soigné guérit complètement. Agée de neuf ans, j'avais bien failli assister au drame et qui sait si ce n'est pas moi qui aurais été la victime du toureau. Je devais ce matin-là accompagner mon père sur ma petite monture d'enfant, une jolie "bourrique" (ânesse) noire appelée PICHOTTE et qui était encore plus têtue que toutes ses pareilles. Elle n'avait jamais voulu partir ce jour là et mon père, très pressé, avait renoncé à m'emmener avec lui. |