La surveillance du café à La Joséphine |
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| Cette histoire provient des notes écrites par Renée Dormoy, fille de Jean César Paul qui a épousé Amédée LEGER. Elle relate de sa vie à l'habitation La Joséphine. | |
| A la Joséphine, le vieux jardinier PAILLANDY
était chargé de la surveillance du café qui séchait sur la grande terrasse. Les
yeux souvent levés vers le ciel il guettait les nuages qui pouvaient rapidement apporter
un grain de pluie désastreux. Lorsqu'un de ceux-là paraissait inévitable, en
hâte il appelait à son aide les palfreniers, les domestiques, les enfants. Tous
ceux qui étaient chaussés s'empressaient de se mettre nu pieds et avec un entrain plein
de gaité le café était ramassé et rentré dans le "boucan" avant l'averse.
Les chaussures étaient enlevées pour ne pas écraser les grains qui devaient
rester beaux et intacts. Pour récompenser les enfants d'avoir si bien travaillé, on nous accordait la permission de nous mettre rapidement en costume de bain avec un couïl sur la tête et de courir et nous amuser sur la terrasse sous une pluie battante, ce que nous aimions beaucoup; et pour nous réchauffer ensuite, la vieille bonne SOSSO nous portait à chacun un petit verre "d'anis doux" très faible et bien sucré. A l'heure du goûter, 3 heures, une petite clochette agitée par notre bonne grand'mère nous appelait de tous les coins de la propriété où nous étions disséminés et d'où nous surgissions en criant à tue tête "gouter ! goûter! ". Et chaque jour c'était une surprise nouvelle et les meilleures friandises qui nous attendaient dans de petites assiettes spéciales qui nous étaient réservées, bien servies sur la grande table de la salle à manger, lesquelles assiettes étaient ornées de sujets drolatiques qui nous amusaient et occasionnaient même des disputes parmi nous. |