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La fête annuelle des Indiens du Bois Debout

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Cette histoire provient des notes écrites par Renée Dormoy, fille de Jean César Paul qui a épousé Amédée LEGER.  Elle relate de sa vie à l'habitation Le Bois Debout.

Parlons de la grande fête annuelle des Indiens auxquels ont donnait alors 3 ou 4 jours de congé.  Ils se préparaient par des jrûnes et des prières à leurs étranges cérémonies.  le grand prêtre et sa famille surtout disparaissaient et se tenaient enfermés chez eux dans le silence absolu, s'abstenant de toute nourriture et arrivaient comme des fakirs, à une sorte d'exhaltation imnpressionnante, en même temps qu'à une insensibilité complète.  Et le jour de la fête, ARNASALON, aux yeux de tous, marchait pieds nus sur de nombreux coutelas enfoncés en terre (sur le dos), coutelas très affilés et coupants et ne se faisaient pas une égratignure.  MINATCHY se mettait dans la bouche des charbons incandescents sans ressentir la moindre brulure.  Elle se traversait la langue d'énormes aiguilles sans qu'une goutte de sang ne surgisse.  Pendant plusieurs jours elle gardait les deux joues transpercées d'une sorte d'énorme épingle de sureté en fer.  Tou cela je l'ai vu.  ils faisaient encore bien d'autres choses curieuses mais je n'arrivais pas à tout voir, mes parents ne s'en souciant pas.

Lorsque j'apercevais quelque chose c'est que j'arrivais à désobéir et à me glisser à coté de nos domestiques qui voulaient tout observer.  D'autres qu'ARNASALON et MINATCHY faisaient comme eux et disaient qu'ils pouvaient tout braver car leur Dieu, descendu en eux, avait pris possession d'eux.

Durant l'un de ces trois jours de fête, le temple était ouvert et tous les indiens des propriétés  voisines, accoururent nombreux et assistaient aux prières et au sacrifice d'un jeune mouton ou cabrit que l'on immolait.  Puis, devant le temple s'organisait un immense banquet.  des feuilles de bananes fraîches et vertes étaient déposées par terre en rond sur la savane comme on dresse un couvert.  De grands traits de riz et une grande marmite de colombo étaient apportés et une part de ces mets était déposée sur chaque feuille de banane.  Assis par terre les jambes croisées, tous mangeaient avec les mains.  Où auraient-ils pris, pauvres gens, des écuilles et des fourchettes pour tant de monde ?  Je crois même qu'ils n'en auraient pas souhaité étant habitués à toujours manger avec les mains, comme les nègres du reste.

Mon père ce jour là leur offrait de son bon tafia favriqué sur la propriété et le soir beaucoup d'entre eux étaient ivres.

Le 3ème jour, c'étaient les danses en grand costume, ce qui occasionnait beaucoup de désordre sur la propriété; aussi mes parents étaient-ils soulagés lorsque tout était rentré dans l'ordre.

 

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