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La Croix Rouge Française ressent douloureusement la perte qui l'atteint en la personne de son ancien Président, Monsieur Paul DORMOY. Finesse, intelligence, pénétration, étaient les qualités de celui que nous pleurons aujoud'hui, mais ces qualités de l'esprit étaient chez lui vivifiées par la noblesse naturelle d'un coeur généreux. Riche d'une bonté profonde, d'une de ces bontés pudiques qui se cachent sous un air détaché. Son sourire affable et rayonnant, sa bonhomie, recouvraient en réalité beaucoup de tendresse et d'indulgence, la sensibilité la plus délicate, l'âme la plus compatissante. Il avait la plus haute idée du devoir, la conscience des responsabilités exceptionnelles qui furent son lot durant sa longue et belle existence. En 1927, par suite de liens de famille, Monsieur Paul DORMOY fut chargé, par Madame Marthe DAL PIAZ, membre important du Comité Central de la Croix Rouge Française à Paris de jeter à la Guadeloupe l'idée créatrice d'un Comité, à l'exemple de ceux de la métropole. Tout était à faire, les bonnes volontés souvent cédaient devant le découragement, mais avec une inlassable ténacité, un idéal très haut et très pur, il su dominer les difficultés, car il voyait immédiatement l'essentiel du devoir qu'imposaient le développement des circonstances et la faiblesse des hommes. Pendant plus de trente ans, il sut guider les initiatives, seul d'abord comme Président actif, avec moi ensuite comme Président d'Honneur, et tout au long de ces trente années, dans les bons et les mauvais jours, nous avons voulu ensemble le rayonnement de notre Grande Oeuvre. Nous ne lui serons jamais assez reconnaissant d'avoir été la personnification de la Croix Rouge Française dont il a senti et exprimé constamment les mobiles profonds. Son exemple demeure et, pour ceux qui restent, cet exemple représente à la fois une leçon d'énergie et une raison d'espérer. En récompense de ses inappréciables services, il reçut la médaille de Vermeil, cette haute distinction que la Croix Rouge Française ne décerne qu'à quelques uns seulement de ses plus grands serviteurs. Monsieur Paul DORMOY jouissait de l'estime de tous, le prestige de son nom restera fdans notre souvenir comme synonime de loyauté et de droiture. Toute sa vie fut mise au service de la Compagnie Générale Transatlantique où il accomplit une brillante carrière. Le Gouvernement de la République Française ne manqua pas de reconnaitre la valeur et la qualité de ses services et lui attribua la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur. Après avoir pris sa retraite, au lieu de goûter un repos bien mérité, il continua à se dévouer à la collectivité et assuma les fonctions d'Administrateur de la Banque de la Guadeloupe. Père de famille modèle, il fut pour ses enfants un éducateur ferme et tendre, les guidant de ses conseils et de son exemple - et je sais combien ils sont éprouvés par la disparition de cet être si cher. En mon nom et en celui de la Croix Rouge Française, j'exprime des condoléances bien sincères à sa famille, à ses enfants, tant à ceux de la Métropole qu'à ceux présents : ses deux fils Michel et Guy et j'adresse à notre Président d'Honneur un dernier adieu bien attristé.
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| Note : Le texte ci-dessus est tel celui inscrit sur l'extrait, y compris les fautes de frappe faites. |