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La fête de Saint-Franbçois d'Assise à La Joséphine |
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| Cette histoire provient des notes écrites par Renée Dormoy, fille de Jean César Paul qui a épousé Amédée LEGER. Elle relate de sa vie à l'habitation La Joséphine. | |
| La fête de St. François d'Assise, le 4
octobre, était celle de ma grand'mère et la mienne également. Quelle belle fête
de famille ! Plusieurs jours d'avance la maison était toute affairée et les
enfants en effervescence. CHOUPOUCHETY (le cocher de mon grand père) ayant en main
une énorme liste de commissions conduisait en ville le tombereau attelé de Bismarck qui
rapportait le soir des quantités de paquets, de caisses, de bouteilles, lesquels
laissaient deviner beaucoup de bonnes choses. La veille de la fête, l'activité augmentait. Les servantes en chantant gaiement récuraient tous les planchers; les mamans les bras chargés de fleurs ornaient toutes les pièces. D'un magasin toujours clos habituellement les portes s'ouvraient et l'on sortait la grande table et le rouleau à patisserie ainsi que les moules à gâteaux, les grands chaudrons, une immense rotissoire. Le grand four de la cuisine était chauffé et ma grand'mère surgissait dans une large robe blanche; les manches retroussées elle se mettait à pétrir elle même la belle pâte blanche dont elle donnait un petit morceau à chacun de nous pour nous faire nous même de petits pains de toutes sortes de formes et qui sortaient de nos mains tout gris et peu ragoutants mais nous les trouvions exquis. En plus des pâtés de viande et des gâteaux, MORRA faisait des "pâtés coco" et des "pâtés bananes" dont nous raffolions. Le soir arrivaient les parents de la ville qu'on logeait un peu partout et à l'heure du diner tous portant des fleurs à la main, nous nous dirigions en cortège vers MORRA à qui nous offrions nos voeux et que nous embrassions tendrement. Les petis récitaient des compliments et chantaient de jolies petites chansons. Le diner au champagne était magnifique, mais c'était surtout le lendemain, jour de la St François que la fête prenait tout son éclat. Beaucoup de convives montaient de la ville. Tous les travailleurs de la propriété, nègres, mulâtres et indiens venaient offrir à ma grand'mère et à moi des fleurs, des fruits et des gâteaux puis dansaient à coeur joie sur l'esplanade jusqu'à minuit. Les costumes des indiens étaient curieux à voir ainsi que leur musique et leurs chants, les danses de nos nègres antillais, bien moins sauvages et plus jolies, enchantaient tout le monde. Biguines, cangolés, grages, belairs constituaient un beau bamboula. Lorsque j'était petite, je possédais si bien toutes ces danses que souvent mon père me demandait de les exécuter accompagnée par ma mère au piano, ce qui me faisait toujours un gros succès dont je me serais bien passé, étant toujours fort intimidée, mais je me serais bien gardée de désobéir à mon père fort sévère quoique très tendre pour moi. |