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Lettre d'Alexis Leger à sa grand-mère maternelle Anette Le Dentu |
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| Alexis
a écrit cette lettre à l'age de 15 ans, 3 ans après son départ de la
Guadeloupe pour s'installer à Pau. Merci à Claude, Philippe et
René Monroux d'avoir permis l'étude de cette lettre, dans le cadre de
l'exposition Saint John Perse et Francis Jammes, au Musée Saint John
Perse de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) pour la première fois, et sa
publication. Après "l'exil" de Pau, le jeune Alexis a entretenu avec sa grand-mère Dormoy et sa marraine Monroux une correspondance tendre, intime et assidue, les associant à sa vie quotidienne familiale, scolaire, mondaine, sportive... et réclamant des détails sur ce qui se passait dans la famille à la Guadeloupe. Il cherchait à l'évidence à garder le contact avec le tissu de l'enfance, à adoucir la coupure et la séparation. Cette lettre, comme les autres, déborde de verve, de spontanéité, de drolerie et révèle une complicité affectueuse et gaie, assez remarquable entre adolescent et son aïeule ou sa marraine, séparés depuis des années. C'est asses révélateur du genre de rapports entre adultes et enfants, dans ces grandes familles antillaises, dans ce microcosme de la Plantation, où l'on partagait tout : loisirs, activités physiques, et même les soucis familiaux. Voilà l'explication de cette hâte à raconter par le menu à "Bonne Maman" cette excursion dans les Pyrénées, rappel de tant d'autres randonnées tous ensemble sur les flancs de la Soufrière, avec la bande de la Joséphine ou du Bois Debout. Bonne Maman a elle même rédigé pour ses petits enfants certains souvenirs, de son enfance, d'une plume aussi alerte que celle d'Alexis, voulant ravir sa grand-mère par ce récit vivant, circonstancié, amusant, voire peu grivois, dans la tradition familiale ! |
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| Lettre écrite le 30 avril 1902.
Chère Bonne-Maman, Il est dix heures du soir - chacun gagne son portefeuille, mais moi, j'entame avec ma bonne-maman une longue causerie que j'acheverai quand je pourrai. Que te dire ? Je n'aime pas les grandes phrases de préambule, les phrases à la Mme Grimall : entrons tout de suite en matière. Dimanche dernier, j'ai fait une longue, fatiguante, brumeuse, pluvieuse, froide, mais belle et intéressante excursion dans les Pyrénées, avec le Club Alpin français et la SEB (Société Excursionniste Béarnaise) dont Papa et moi faions partie. Voici en quelques mots notre itinéraire, l'ordre et la marche, comme dirait Papa : Départ de Pau, par le train de 6h20 du matin. je me lève à 5 heures je m'habille en 2 temps, trois mouvements; je prends mon bâton ferré, et la ................ |